Femmes sous l'uniforme
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Les prostituées et l'armée sous l'Empire

Par Robert Ouvrard



Hé oui ! Il y avait des prostituées, qui suivaient l'armée, de façon plus ou moins proche, de façon plus ou moins "officielle". Au camp de Boulogne, par exemple, elles ont leur propre baraque, près du camp des sapeurs, non loin de la ferme d'Houvault, qu'un soldat, dont on ne sait s'il fut lui-même client, a baptisé le quartier général du beau sexe militaire de Boulogne et de sa banlieue. Elles sont l'état-major des troupes légères du sentiment !

Un peu plus tard, à Berlin, que les Français occupent, Davout les nomme "les Nymphes de la Spré". 

1809 voit la Grande Armée sur les bords du Danube et à Vienne. Cadet de Cassicourt, consacre dans ses Mémoires quelques lignes aux dames de petite vertu : "La prostitution est à Vienne plus immorale et moins scandaleuse qu'à Paris. On ne compte que cent quinze filles publiques enregistrées et tolérées par la police. Ces filles n'ont point la permission de provoquer les passants; elles se promènent modestement vêtues dans les principales rues, ou sur les boulevards, le Prater, etc."

Un autre occupant précise : "Sur dix femmes qu'on rencontrait à Vienne pendant notre occupation, neuf étaient des femmes de moyenne vertu".

Pour lutter contre ce fléau, le général Friant, en 1811, ordonne de faire arrêter "les coureuses qui s'introduisent dans les camps". Dans ces conditions, pas étonnant que les maladies vénériennes fassent l'objet de toutes les attentions du corps médical. Un ordre du jour du maréchal Davout prescrira, en mai 1811, aux officiers de santé de visiter, chaque semaine, les sous-officiers et soldats, pour s'assurer qu'ils ne sont pas atteints. A croire que les officiers ne sont pas soumis au risque ! 

 


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