Femmes sous l'uniforme
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L'impôt sur le revenu

Cette carte postale montre sur un ton légèrement grivois le soldat qui, de retour à la maison, se jette dans les bras de sa femme pour accomplir son "devoir" conjugal. 

Sans crainte d'écorcher le bon goût, l'illustrateur mélange dans sa carte un certain nombre d'idées, dont les plus remarquables sont les suivantes : 

L'empressement du Poilu à retrouver sa femme (ou sa maîtresse ; après tout, rien n'indique clairement les liens qui unissent les deux personnages) évoque le manque de femmes dans la zone des armées et, au second degré, les "misères et tourments de la chair" (titre d'un livre)  liés à l'éloignement du foyer. 

La femme, en tenue affriolante, évoque la nouvelle condition féminine qui sort de la guerre. Plus libres qu'auparavant, les femmes tendent désormais vers une indépendance et un épanouissement qu'elles n'osaient jusqu'alors pas revendiquer. Sans doute le dessinateur n'a-t-il pas réfléchi sciemment à tout cela et sans doute a-t-il plutôt cherché ici à représenter un stéréotype. Le symbole n'en est pas moins réel. 

A l'époque de cette carte postale, l'impôt sur le revenu est un vif sujet de débat. Imposé par René Viviani en juillet 1914 après des années de polémique, c'est un impôt neuf qui n'est pas encore entré dans les mœurs des Français. 

Associé à l'idée d'impôt, l'acte sexuel est ici synonyme de procréation. En concevant avec sa femme l'enfant d'une permission, le soldat doit avoir conscience d'œuvrer pour le pays. Un bébé né en 1918 sera soldat en 1938. Dès cette époque, la France et ses dirigeants ont conscience du drame démographique que constitue la guerre. Faire des enfants devient donc en quelque sorte un devoir national...

Nous passerons vite sur le jeu de mot associant "impôt sur le revenu" et "puisque te voila revenu". Il est tout à fait dans le ton général de la carte. 

 


© Anovi - 2003